Se soigner soi-même
Quand je tenais une chronique pour un quotidien (au rayonnement bien supérieur à sa circulation de copies) je recevais des tas de livres, je ne savais plus qu'en faire. Il n'y a pas beaucoup de lieux où l'on parle des livres, et pour un éditeur, il vaut mieux ratisser large pour un peu de promotions gratuites. Car parler de contenu, c'est déjà faire de la promotion, et pour une journaliste, comment s'en sortir? On ne va pas se mettre à dire le contraire de ce qu'on pense pour s'empêcher d'être associée au cycle marchand du livre...
Je ne m'empêcherai donc pas de vous parler de cette Encyclopédie pratique de la nouvelle médecine occidentale et alternative pour tous les âges, alors que j'allume ma lampe de 10,000 lux que j’ai fini par installer sur mon bureau, juste derrière mon portable. Il fait soleil aujourd'hui, et j'ai déjà exposé mon regard aux rayons naturels, je vous remercie. L'un n'empêche pas l'autre, j'ai besoin de tout ce que je peux me donner!
Et c'est justement le mérite de ce livre: intégrer les approches non médicales aux conventions de la médecine, ne pas se priver de l'un ni l'autre, en fonction des besoins que l'on a. S'il faut modifier ses habitudes de vie, autant comportementales qu'alimentaires, en s'éduquant soi-même, on peut le faire avec ce livre — et s'instruire plus largement dans le même mouvement! On y trouvera des informations sur les plantes, la médecine ayurveda et même les chakras. Un minimum d'informations prudentes, mais reconnaître que ces éléments existent est déjà un progrès.
Les thérapies alternatives ont le vent dans les voiles, en voici avec ce livre, un témoignage. Les approches qui ont reçu cette étiquette sont souvent l'étape qui suit l'échec de la médecine — c'est comme ça qu'elles ont émergé et par la suite pris leur essor, la médecine ne répondant pas, et loin de là, à tous les ennuis de santé des gens, fussent-ils graves ou chroniques. Avec le temps, et un peu d'intérêt de la part de chercheurs institutionnels, certaines approches ont été valorisées, parfois reconnues par les médecins. On est loin d'une intégration, le conservatisme des médecins et des institutions empêchant l'évolution des soins hors de ces institutions...
De notre côté, nous payons donc souvent plusieurs fois pour un même problème de santé, en cherchant une solution dans le réseau, puis hors-réseau. Ce qui me convainc que nous avons besoin du plus d'informations possibles, pour guider nos choix. D'où l'utilité de ce livre.
En feuilletant cette Encyclopédie nouveau genre, j'apprends ainsi que si l'on a trop de sécrétions dans les oreilles, derrière le tympan, ça peut être lié au RGO ( Reflux gastro oesophagien). La mauvaise digestion des aliments liée aux oreilles, ça me plaît! Surtout si elle est aussi bien illustrée.
On a beau dire «toutt est dans toutt» , pour reprendre l'expression de Raoul Duguay, il vaut tout de même mieux faire des liens précis pour le comprendre que de rester dans la nébuleuse idéologique. Ici, c'est la trompe d'Eustache qui serait gênée par le reflux acide de qui digère dans la mauvaise direction. La congestion qui s'en suit peut conduire à une inflammation, créer des sécrétions séreuses qui prennent racine dans l'Oreille moyenne. CQFD!
C'est donc un livre qu'on lit comme un dictionnaire: il y a en qui le liront chaque jour, d'autres quand une interrogation surgit. On le posera peut-être sur la table à café, pour regarder les images. Quand les invités viendront, on dira : oui, les petits crochets verts et les X rouges, c'est un peu cul-cul, je sais. Mais regarde ailleurs, tiens prends cette image de la glande thyroïde, on ne visite pas souvent ces endroits!
C'est un livre inclusif, qui reste dans les limites de ce qui est prouvé, ce qui ne fait peur à personne. Quand on sait que David Servan-Schreiber est derrière cet ouvrage, on comprend que ce sera rassurant, raisonnable, avec un esprit modérément ouvert et pragmatique. C'est en français, qui plus est, traduit récemment (2006). Ce sera un autre mérite de ce chercheur français: mettre à notre disposition des concepts américains dans un délais qui ne rend pas le contenu périmé. Avec lui, on a un petit peu plus l'impression d'être en phase avec la réalité plurielle des soins que nous pratiquons pour vrai dans notre vie.
La coincidence, c'est que ce livre arrive le jour même où Christian Lamontagne célèbre les dix ans de son initiative avant-gardiste qui s'est normalisée et «servan-schriberisée»! Le réseau Protéus devenu passeport santé a gagné en respectabilité ce qu'il a perdu en tête chercheuse audacieuse, et qui s'en plaint? Moi, un peu.... Le site (www.passeportsante.net) est un espèce de miroir du livre publié par Robert Laffont.... Un miroir qui évolue plus vite, qui s'actualise constamment, étant donné la nature du net.
Si j'apprécie le web, je reste quelqu'un qui aime les livres, qui les trouve d'usage facile et convivial. Un jour on comprendra que le regard aime englober et que l'écran nous rétrécit la vue. Les deux outils sont essentiels, bien entendu. Mais ne me parlez pas de disparition du livre, et continuons de sillonner les pages du www. Et tiens, je vais vous laisser avec la règle des 10-10-10, pour les yeux qui lisent ce papier sur un écran d'ordinateur. Vous la connaissez?
A chaque dix minutes de travail ou de lecture à l'écran, on regarde pendant dix secondes à dix pieds de soi. Ça fait travailler le muscle oculaire, et ça peut nous aider à prévenir les problèmes de focus que notre lentille interne développe au fil du temps.
À votre santé. Et Bonne Année!
Libellés : ce serait bien, la santé intégrée

Liens vers ce message:
Créer un lien
<< Accueil