mercredi 3 décembre 2008

Marcher pour se déplacer??

Changer de blogue ceux qui aiment mieux les idées que le vécu, il y aura du vécu.

Vous aurez été prévenus.

Je me bats la coulpe parce que je ne fais pas suffisamment d’exercice. Je considère que la société met des freins partout, et que mon individualité ne les décolle pas du plancher comme elle pourrait le faire avec plus de motivations et de déterminations. Je fais du Pilates deux fois par semaine, mais il n’y pas beaucoup d’aérobie dans les mouvements : il y a du contrôle musculaire et du travail de fond, très bon, mais limité. Je devrais aller courir, ce serai simple, pas cher. J’ai juste à me botter le postérieur.

Ce monologue intérieur revient très souvent. Et le juge qui préside mon être me condamne sans appel, chaque fois que je plaide ma cause (la société gagna). J’aurais besoin d’une meilleure avocate. Un témoin à la barre est arrivé.

Une témoin : ma fille. Vingt ans. Elle marche pour aller à l’université : trois quarts d'heure. Elle marche en revenant de son cours de danse rockabilly — très très tendance en ce moment chez les jeunes, le rockabilly et cette musique des années 50. Non contente de se trémousser pendant une heure et demie, elle marche une heure pour revenir à la maison. Elle me dit qu’elle dort mieux depuis qu’elle a pris cette habitude. Elle apprécie la ville, elle découvre des détails de la vie urbaine, l’architecture, l’urbanisme, et elle n’a jamais froid.

Cela fait quelque temps qu’elle fait cela, et vous savez que votre enfant de 20 ans qui vit sous votre toit ne vous parle pas tant que ça de ce qu’elle fait. J’ai donc appris les détails au fil du temps, et au bout de trois mois, j’étais capable de me faire un portrait d’ensemble de l’intensité de sa marche.

Je me suis retrouvée sans voiture la semaine passée, pendant quelques jours. J’ai marché. J’ai marché du Complexe Desjardins jusqu’à St-Denis et Mont-Royal. Moi. La paresseuse qui prend la voiture pour acheter une pinte de lait. Cela ne m’a pas fatiguée, en fait j’ai aimé ça, et je me suis dit, parce que mon anniversaire approchait, que c’était ça aussi, vieillir. Je marchais quand j’avais l’âge de ma fille. Je marchais quand j'allais à l'école. Nous étions très nombreux à marcher : en fait, en 1971, 80 % des enfants de 7 et 8 ans marchaient pour se rendre à l’école, d’après Kino-Québec. Plus maintenant.

Une étude du Groupe de recherche Ville et mobilité de l’Université de Montréal montre que maintenant, il n’y a que 30 % des enfants du primaire qui marchent ou utilisent leur vélo pour aller à l’école. (1,495 élèves, 67 écoles, Montréal et Trois-Rivières). Et parmi cette minorité, la très grande majorité (plus de 80 %) a trois pâtés de maisons à parcourir. Le rapport est disponible en format PDF à www.villeetmobilite.ca, de même que sur le site de l’INSPQ : www.inspq.qc.ca, si vous voulez savoir comment le professeur Lewis, de département d’urbanisme, interprète les résultats. Vos explications valent les siennes, et vous serez de toutes manières d’accord avec son analyse, si pas avec les solutions.

Bien sûr, les habitudes de déplacement des enfants sont déterminées par celles des parents. Ce qui intéressant, c’est qu’avec le temps, il peut y avoir un retour des choses.

Les parents peuvent être influencés par leurs enfants.

Il y aurait là aussi matière à recherches, vous ne trouvez pas?

Liens vers ce message:

Créer un lien

<< Accueil