A H1N1 sans les cochons
Nous partageons des virus.
Les oeufs de poule servent à fabriquer le vaccin - le six mois de fabrication, c'est ça. On a besoin de poules, d'oeufs, de cultiver le virus, de l'isoler, de choisir celui qu'on tuera pour le mettre dans le vaccin. Multiplié ça par le nombre de souches qu'on décide d'inclure.
Et n'oubliez pas que les gens allergiquent aux oeufs ne peuvent en aucun cas recevoir le vaccin anti-grippal.
Dans les années 90, j'ai fait le tour de la planète pour écrire et tourner un film, puis J'ai écrit un bouquin à la suite ( La grippe, Éditions Logique) , que l'on retrouve à la Grande Bibliothèque, puisqu'il est en dépôt légal. J'en ai également une boîte à la maison.
Depuis le temps que les scientifiques attendent la pandémie, la voici enfin — ça fait quarante ans qu'ils disent que nous avons des pandémies à tous les dix ans, et je les vois taper du pied. Ils doivent se frotter les méninges.
Sacrilège, bien entendu. Jamais personne n'est heureux d'un malheur tant attendu. Mais si attendu, c'est comme quelqu'un qui a peur du cancer et qui est quasiment soulagé quand il l'a. Fini l'insécurité, on peut enfin régler le problème.
On s'agite, et les médias valsent entre modération et sensation. Une petite exagération par ici, presqu'invisible parce que dans la formulation. Une modération par là: pas de panique, répètent-ils en la semant.
Ce que l'histoire des pandémies nous apprend, c'est que l'épidémie se développe dans la durée.
Il y aura un début saisissant, une addition de cas sur plusieurs mois, un temps fort qui arrive plus tard, et une fin longue comme une queue de serpent.
La grippe tue. Tout le temps. Chaque année.
La grippe pandémique tue les sujets qui ne meurent pas pendant les années ordinaires.
On peut éviter d'être le sujet qui meurt.
On n'insistera jamais assez sur les mesures d'hygiène , et il faudra en finir avec le syndrome du supermec et de la supernana qui «ne se laisse pas arrêter» par un virus, comme le dit une pub d'un médicament. Si vous pensez que je suis une moumoune, je vais vous montrer moi, dit ce super coco qui s'en va infecter tout son entourage.
C'est ainsi que les virus se répandent. Et ce ne sera pas suffisant de tousser dans sa manche, de se laver les mains 100 fois, ou de porter un masque. Quand on a la grippe, quand on a un virus, on s'organise pour ne pas le donner aux autres.
Ceux qui portent des masques, ce devraient être ceux qui ont un virus. pas ceux qui veulent s'en protéger!
Déjà qu'il y a le facteur de risques quand on est contaminé et qu'on n'a pas encore développé les symptômes — et là franchement, on ne peut que se laver les mains de manière routinière, il n'y a pas de parade possible.
D'où la fermeture des lieux collectifs, en période de pandémie. À suivre..........

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