dimanche 31 mai 2009

Le Défilé de Trends

Samedi 30 mai, on m'a fait l'honneur de m'inviter à parler pour présenter le défilé de TRENDS , un groupe de jeunes activistes de la mode.

Je suis sensible au travail que font ces jeunes filles, qui trouvent à s'affirmer et s'épanouir en utilisant la mode ( aller voir leur site à : www.trendsfashion.ca )

La mode est un art et un commerce, et si tous les commerces étaient créatifs comme la mode, ce serait formidable. On vivrait dans un monde plus beau, plus coloré, plus fantaisiste.
.... et peut-être aussi contraignant, et pervers ..... Hum, je ne sais pas si je veux que toute la société ressemble à la mode.

Je voudrais que la mode ressemble à la société. Que la mode tienne compte de toutes les formes de corps que nous avons.

Vous savez, quand un designer de mode prépare son défilé avec des mannequins professionnels, quand on fait un shooting de mode aux Bahamas, on doit choisir les vêtements en fonction des corps, car même les modèles ne peuvent pas porter n’importe quoi. On choisit le vêtement à vendre en fonction du corps : la hauteur et la taille du buste, la longueur de la taille, la longueur des jambes... Dans le prêt-à-porter, le mannequin ne doit jamais avoir l’air déguisé, ce serait un désastre pour les ventes.

Pourquoi moi, ou vous, serions-nous déguisées en victime de la mode?

Parce que nous croyons à l’image. La célèbre top modèle Elle McPherson dit en regardant ses photos de mode : ce n’est pas moi ça! ... Car en plus de choisir un vêtement pour un corps de mannequin professionnel, on retouche la photo du mannequin pour qu’elle réponde aux Fantasmes de la femme qu’on nous vend.

Nous, les femmes qui achetons un vêtement, nous achetons du rêve, du fantasme, et si on ne sait pas se regarder telle que l’on est, on passe notre vie à nous DÉSOLER de ne pas ressembler à un mannequin imaginaire retouché dans Photo Shop... On a toutes vu la pub de Dove qui nous montre comment une fille avec des boutons devient un icône de beauté parfaite : on lui allonge le cou, on enlève ses boutons, on lui ajoute des cheveux et encore quelques toutes petites retouches, un coup de pinceau virtuel, et on a une image «réaliste» de top modèle. On le sait, on le comprend. Pourtant, on demeure crédule devant les photos de mode. Et on a une insatisfaction permanente de soi confronté aux modèles impossibles…

Plus on essaie de ressembler à une photo de mode, plus on se trouve moche, plus on essaie de se conformer à une image irréelle, plus on se diminue dans sa propre estime! On passe son temps à regarder ce qu’on n’a pas, à se désoler de ce qu’on a. Il faudrait qu’on se prenne en photo, qu’on entre la photo dans Photo Shop, qu’on se rallonge les jambes, amincisse les hanches et je sais pas trop quoi d’autre, dans mon cas ce serait ça, et peut-être que je remonterais les seins, puis je regarderais la photo et je me dirais; ah que je suis belle!

Car si on a un miroir déformant dans la tête, aussi bien déformer pour de bon l’image! On pourrait se promener avec l’image dans son sac, et au lieu de se regarder dans le miroir en se lavant les mains, on pourrait coller l’image sur le miroir....

Ouais. C’est pas très pratique. À l’école, il y aurait cinquante photos dans le miroir et je gagerais qu’on on ne saurait même plus reconnaître la nôtre.. Tout le monde aurait les longues jambes, la taille fine, de beaux cheveux longs bouclés.....

Je pense qu’on va continuer à être obsédées, ce sera plus simple.
Obsédée par le poids, obsédée par la nourriture, obsédée par le look.... Vous savez, il y a trente ans, un mannequin professionnel pesait 8% de moins que la moyenne des femmes ; maintenant, les modèles pèsent 23% moins. Si le poids moyen d’une femme est 130 livres, un mannequin ne peut pas peser plus de 100 livres. Il y a 5 % des femmes, dans une société, qui peuvent accéder à cet idéal, qui est d'abord anatomique et métabolique. Un seul modèle de char pour tout le monde, on ne serait pas d'accord, pourquoi un seul modèle de corps alors???

Et pendant ce temps là, les hommes vont continuer à nous aimer comme nous sommes, enfin ceux qui ont une tête sur les épaules. Ils vont continuer à nous trouver belles, alors que nous ne voyons que nos défauts. C’est-à-dire ce qui n’est pas conforme au diktat de la mode.

Mais est-ce si vrai, que la mode nous dicte? Ou est-ce nous qui acceptons le moule et en redemandons?

Alors qui va casser le moule? Vous? Vous? Moi?
Qui va reconnaître sa beauté et la mettre en valeur? Qui va choisir de protester auprès des magazines ?

Aussi longtemps qu’on accepte de se conformer, on encourage le malheur. Quand on encourage la différence, on encourage le respect de soi et la créativité, ça rend heureux! Je ne suis pas entrain de nous juger ou de nous critiquer, je suis entrain de voir COMMENT M ’A I M E R ET AIMER LA MODE EN MEME TEMPS!

J’adore la mode, je trouve que la mode existe pour nous embellir. Embellissons-nous telle que nous sommes, ici et maintenant.
Et pour nous aider, nous allons maintenant regarder des modèles, en chair et en os, pas retouchées dans Photo shop. Et on va essayer, bien entendu, de trouver ce qui nous convient, en transposant notre corps réel sur le style proposé...

Les jeunes femmes de TRENDS nous présentent des vêtements qu'elles ont trouvé dans les magasins des Cours Mont-Royal. Elles ont fait du shopping - la preuve, si on en avait besoin, qu’on peut être créatives avec ce qui nous est proposé dans les boutiques. Tous les mannequins ont une fleur, qu’elles ont choisi comme la fleur qui les inspire ou qui leur ressemble, ou qu’elles aiment entre toutes. Mais toutes, sont dans la fleur de la jeunesse!

C'est cela, le DÉFILÉ DE TRENDS! Et je leur dit BRAVO, et je les admire pour leur courage et leur cheminement.

vendredi 1 mai 2009

A H1N1 sans les cochons

Les poules, les cochons, et moi.
Nous partageons des virus.
Les oeufs de poule servent à fabriquer le vaccin - le six mois de fabrication, c'est ça. On a besoin de poules, d'oeufs, de cultiver le virus, de l'isoler, de choisir celui qu'on tuera pour le mettre dans le vaccin. Multiplié ça par le nombre de souches qu'on décide d'inclure.
Et n'oubliez pas que les gens allergiquent aux oeufs ne peuvent en aucun cas recevoir le vaccin anti-grippal.

Dans les années 90, j'ai fait le tour de la planète pour écrire et tourner un film, puis J'ai écrit un bouquin à la suite ( La grippe, Éditions Logique) , que l'on retrouve à la Grande Bibliothèque, puisqu'il est en dépôt légal. J'en ai également une boîte à la maison.

Depuis le temps que les scientifiques attendent la pandémie, la voici enfin — ça fait quarante ans qu'ils disent que nous avons des pandémies à tous les dix ans, et je les vois taper du pied. Ils doivent se frotter les méninges.
Sacrilège, bien entendu. Jamais personne n'est heureux d'un malheur tant attendu. Mais si attendu, c'est comme quelqu'un qui a peur du cancer et qui est quasiment soulagé quand il l'a. Fini l'insécurité, on peut enfin régler le problème.

On s'agite, et les médias valsent entre modération et sensation. Une petite exagération par ici, presqu'invisible parce que dans la formulation. Une modération par là: pas de panique, répètent-ils en la semant.

Ce que l'histoire des pandémies nous apprend, c'est que l'épidémie se développe dans la durée.
Il y aura un début saisissant, une addition de cas sur plusieurs mois, un temps fort qui arrive plus tard, et une fin longue comme une queue de serpent.

La grippe tue. Tout le temps. Chaque année.
La grippe pandémique tue les sujets qui ne meurent pas pendant les années ordinaires.

On peut éviter d'être le sujet qui meurt.

On n'insistera jamais assez sur les mesures d'hygiène , et il faudra en finir avec le syndrome du supermec et de la supernana qui «ne se laisse pas arrêter» par un virus, comme le dit une pub d'un médicament. Si vous pensez que je suis une moumoune, je vais vous montrer moi, dit ce super coco qui s'en va infecter tout son entourage.

C'est ainsi que les virus se répandent. Et ce ne sera pas suffisant de tousser dans sa manche, de se laver les mains 100 fois, ou de porter un masque. Quand on a la grippe, quand on a un virus, on s'organise pour ne pas le donner aux autres.
Ceux qui portent des masques, ce devraient être ceux qui ont un virus. pas ceux qui veulent s'en protéger!

Déjà qu'il y a le facteur de risques quand on est contaminé et qu'on n'a pas encore développé les symptômes — et là franchement, on ne peut que se laver les mains de manière routinière, il n'y a pas de parade possible.

D'où la fermeture des lieux collectifs, en période de pandémie. À suivre..........